L’ARMEE MALIENNE ET LES MISSIONS DE PAIX

jeudi 12 juin 2008,  par cdomp

Outre ses missions traditionnelles de défense du territoire national, l’Armée Malienne a depuis quelques années ajouté à son arc la corde des opérations de maintien de paix. La grande muette a démontré ainsi sa capacité à s’adapter aux nouvelles exigences de la conjoncture mondiale. Celle-ci se caractérisant par une explosion de conflits entre Etats ou opposant entre eux des groupes ethniques, religieux, politiques et socio économiques dans un même pays ou dans une même région. Il faut donc que les soldats de la paix s’investissent pour faire observer des cessez-le-feu, sauver des vies humaines et aider au rétablissement de la stabilité sous-régionale et internationale. Sollicitées, les autorités de notre pays ont répondu favorablement aux demandes des Organisations internationales(ONU), continentales (Union Africaine) et sous régionales. En 1994, des soldats maliens furent déployés sous l’égide des Nations-Unies au Rwanda pour la surveillance des accords de paix .Cet envoi de contingent militaire aura servi à aguerrir les néophytes qu’étaient encore nos représentants et à renouer avec une tradition un peu oubliée. Trois années plus tard nos militaires faisaient partie de la troupe d’interposition entre le Maroc et l’Algérie qui étaient en conflit .Cette formule, consistant à envoyer des officiers fut le principal mode de déploiement des forces armées et de sécurité du Mali dans les missions de pacification. La démarche fut reconduite en 1989 quand des officiers furent encore envoyés au Liberia en qualité d’observateurs. Le mouvement s’est accéléré, ces dernières années et les représentants maliens se sont retrouvés au Rwanda, au Burundi, au Liberia, en Angola, en Haïti, en RCA, au Congo, en Sierra-Léone, et au Darfour(Soudan). Les modes d’intervention sont cependant différents. Les observateurs (toujours des officiers), mandatés par l’Union Africaine ou l’ONU, sont de par leurs qualités considérés comme des diplomates. Ce statut leur confère un rôle de médiation. A l’opposé, le contingent est une troupe organique (section, compagnie, bataillon) conduite par un chef et disposant de l’armement et du matériel appropriés. Les principales missions des troupes pour une opération de maintien de paix sont définies dans un manuel bien fourni. On y trouve la supervision de cessez-le-feu, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des anciens combattants dans la société civile. Autrement dit, il faut non seulement veiller sur la paix rétablie, mais aussi organiser un retour à la normale dans les domaines sociaux et politiques.

Pour les intervenants maliens, les problèmes sur le terrain se posent différemment selon qu’ils soient observateurs ou troupes d’interposition. Au niveau des observateurs, les désagréments sont relativement peu nombreux. Par contre, pour les contingents, le département de la défense et des anciens combattants a été souvent confronté à des revendications incessantes au retour des missions. Ces revendications ont souvent frôlé le seuil de l’inacceptable pour une institution comme l’armée. Cette situation était plutôt liée à un déficit d’information et de sensibilisation des troupes sur le contenu de la mission, et à l’absence de formation préalable des troupes.

Le Centre de Documentation pour les Opérations de Maintien de la Paix (CDOMP), mis en place avec l’aide de la partie canadienne, s’emploie à donner aux forces armées et de sécurité de notre pays le maximum d’informations sur les opérations de maintien de la paix.

A la faveur des différentes formations effectuées en missions humanitaires au sein de l’Ecole de Maintien de la Paix (EMP) de Bamako, les soldats de la paix maliens ont pu appréhender les contours des Opérations de maintien de la Paix. L’armée malienne, fière de son passé glorieux a su amorcer sa métamorphose en une armée de paix pour la protection des populations et l’apaisement des tensions.


 

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