Identification et contrôle de violation des droits de l’enfant
lundi 8 septembre 2008,
par cdomp
Présentation : Capitaine Aminata DIABATE
Analyse de la situation :
Il faut d’abord identifier le potentiel de violation des droits de l’enfant et comprendre les signes qui indiquent ou annoncent ces violations.
Les officiers Sous-officiers, personnel et soldats qui sont sur le terrain pendant les conflits sont mieux placés pour comprendre ce qui se passe autour d’eux. Des suggestions pratiques peuvent être faciles pour les aider à mieux analyser la situation des enfants et à identifier les violations des droits de l’enfant en cours ou potentielles.
Le fait de réfléchir sur la nature d’un conflit ou d’une situation et sur ses conséquences sur les enfants et leurs familles peut aider à prédire les types de violations susceptibles d’être commises et aider le personnel militaire à développer des stratégies de contrôle et de prévention.
Avant que le personnel militaire n’entre dans une zone de conflit, il doit faire l’analyse de la situation.
Nous vous donnons ci-après un exemple de façon dont une connaissance de la situation peut être utilisée pour indiquer ce qui pourrait arriver aux enfants.
* Une bonne connaissance des droits de l’enfant sera un atout dans l’analyse.
Exemple d’étude de cas.
Dans une situation imaginaire où l’autorité de l’Etat ait brisée et où se déroule un conflit ethnique entre plusieurs fractions caractérisé par un déplacement massif qui se poursuit depuis trois ans on peut commencer à imaginer ce à quoi pourrait ressembler la situation des enfants.
* Ce n’est pas une tâche facile de vouloir former les forces fonctionnelles ou de leur faire comprendre les dispositions du droit humanitaire relatives à la protection des enfants. Etant donnée qu’ils ne se rendent pas compte de leurs actes, ils se permettent de violer les droits de l’homme et de l’enfant.
Plus le conflit perdure, plus le nombre d’enfants recrutés de force ou utilisés dans les factions augmentent.
Si le conflit continue, les enfants grandissent en n’ayant aucune notion de la vie humaine à l’exception de la guerre et cela a un impact à long terme sur leur conduite de leur développement dans la vie adulte.
Des enfants n’ont plus assez de temps pour jouer et leurs parents passent de moins en moins de temps avec eux puisqu’ils sont constamment stressés par la situation et me pensent qu’à chercher des moyens de nourrir leur famille. Cela aboutit souvent à la brutalité domestique et recueille.
Autres étapes utiles pour contrôler les violations des Droits de l’Enfant :
Observer : Ecouter les discussions des groupes de personnes, faire attention aux signes de détresse tels que l’agression, l’hyper vigilance, le retrait. Accorder une attention particulière aux endroits où les groupes d’enfants se réunissent et vivent en groupes, ou aux structures familiales irrégulières où les enfants non accompagnés peuvent être exploités. Découvrir ce qui constitue les violations habituelles dans votre zone et ce qui peut être fait pour changer cette situation.
Remarquer les activités des enfants : Le type d’activités auxquelles les enfants s’adonnent au cours de la journée et de la nuit peut donner une idée sur la manière dont ils sont exposés aux abus. Pendant les conflits, de nombreux enfants sont impliqués dans les travaux dangereux et lourds ou sont recrutés pour combattre.
Vérifier la nature des mouvements des enfants : Les mouvements systématiques d’enfants doivent faire l’objet d’une vérification afin de déceler toute forme de trafic d’enfants.
Ecouter les avis des enfants et des adultes : Des informations importantes peuvent être collectées en ayant des discussions informelles avec les enfants et les adultes. La population pourrait être réticente pour discuter directement des cas de violations mais pourrait faire des allusions. Une personne qui prête une oreille attentive pourra comprendre ces allusions et mener des enquêtes en conséquence.
Suivi : Il pourrait être utile de partager les suspicions avec certains collèges. Discuter des problèmes sous différents angles et continuer à observer et à faire le suivi. En cas de rumeur de violation, il est toujours préférable d’essayer de vérifier les suspicions.
Découvrir l’auteur ou les auteurs : Essayer de découvrir si la violation est quelque chose qui se répète ou un cas isolé. Rechercher les auteurs. Essayer d’avoir des informations autant que possible sur le cas y compris le nombre d’enfants touchés, les raisons etc.
Etablir un plan d’action : Dans des cas isolés, il suffit d’informer les autorités militaires compétentes, les ONG qui se trouvent dans la zone, ou d’approcher l’auteur. Les violations systématiques doivent faire l’objet d’une attention structurée. Cependant, il est important de ne pas créer de situations qui victimisent ou stigmatisent davantage l’enfant.
S’assurer que les questions qui touchent aux enfants sont discutées en public : Cela pourrait réduire l’incidence de violations et peut constituer une étape de prévention. Cependant, il est important de faire attention à ne pas créer de situations qui victimisent au stigmatisent d’avantage les enfants. En tant que figures d’autorité, les soldats ont souvent un rôle de leadership important à jouer dans la communauté.
Dénoncer les violations : Lorsque les violations sont confirmées, elles doivent être dénoncées en utilisant les canaux appropriés.
La protection des droits de l’enfant dans les situations de conflits implique certaines difficultés.
Surveiller et protéger les droits de l’enfant en temps de conflit n’est pas une tâche facile. Certaines difficultés sont énoncées ci-après :
• Informations : Des informations précises sur la situation des enfants peuvent être difficiles à obtenir pendant un conflit. Sans informations, il est difficile de développer des plans de protection.
• Accès : Il peut être difficile d’avoir accès aux enfants qui ont besoin de protection dans les situations de conflits. Les routes et ponts peuvent être détruits ou minés, les communications téléphoniques coupées. Les situations de conflits peuvent rendre les voyages dangereux ou impossibles. Cependant, les soldats sont souvent les mieux placés pour avoir accès aux communautés qui ont été coupées du monde par les conflits et peuvent commencer le processus de recherche de moyens d’assurer leur protection.
• Sécurité : Dans certains pays, la sécurité du personnel humanitaire peut être en danger, rendant la distribution d’aide humanitaire et la protection des droits très difficiles.
• Ampleur : L’ampleur d’une situation de conflit peut signifier que des millions de personnes souffrent et qu’il soit impossible d’accorder une attention particulière à chaque enfant.
• Caractère des groupes et conflits armés : Moins les forces combattantes sont organisées et mal formées, plus il est difficile d’établir des accords (tel que les cessez-le-feu) et de négocier une meilleure protection pour les enfants et le personnel humanitaire.
• Intimidation et loyauté : Dans des cas où les membres des forces armées violent les droits de l’enfant, les officiers et soldats peuvent se sentir déloyaux ou intimidés en dénonçant ces violations. En outre ils peuvent penser qu’ils doivent accepter une partie du blâme. « Le bon soldat » est un modèle pour la communauté et les enfants, et il est dans l’obligation de prévenir, de dénoncer et de mettre fin aux violations commises par ses collègues.
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